L'odeur de la popaïne verte
Par Mat, mercredi 6 septembre 2006 à 00:26 :: Ailleurs / 名古屋以外 :: #98 :: rss
À la frontière entre le royaume de Siam et l'ancienne portion d'indochine devenu Laos, les plantations de popaïne s'étalent sur des hectares de terres, dévorant aux passages les forces des paysans locaux, forcés de trimés par les barons de la drogue Khmers. Terres inhospitalières ou l'acier d'un 44 magnum protège plus que la foi envers Dieu, fût il en or.
Nous sommes attendus dans la demeure de notre contact, issue du village. Avant de nous installer, nous inspectons le village.
Avoir l'aval des caciques locaux déguisés en bonze, nous poursuivons notre périple, délestés toutefois de quelques centaines de milliers de yen.
Je me souviens encore que lorsque le plus vieux pris la parole, un gargarisme inaudible empli la pièce. L'ordre énoncée dans une langue presque oubliée était le signe que nous pouvions circuler sans encombre dans le village. Ici aussi, dans ce coin reculé de la planète, la mafia marseillaise est puissante et ses ramifications...profondes.
C'est dans ces vestiges de la guerre du Vietnam, ou l'odeur des douilles des kalash Khmer monte jusqu'à nos narines, que nous avons entrepris de visiter un village à 30mn de la frontière Laotienne. Là bas, nulle appareil photos n'est autorisé, nul srelations sexuels avec une femme mariée, nulle propagande politique, sous peine de payer de lourd tribut en dollars (Véridique)ou pire, une execution sans témoin selon la loi de l'enfer vert (pas véridique). Les postes militaires mobiles, symbole d'un antagonisme récent, sont visibles, ici ou là, éparses.
Les recommendations sont strictes et nous ne pouvons passer que grâce à des Taxis locaux, seuls payant leur dîmes aux seigneurs de la guerre locaux, de mèches avec les autorités des deux pays.
Les champs de popaïne s'étendent à pertes de vue, pour plusieurs millions de dollar et représentent un gain juteux pur nos âmes vénales. Si L'amazonie est le poumon du monde, nous avons l'impression d'être au coeur de ce qui intoxiquera pour plusieurs milliers de consommateur. Qui contrôle donc ces champs de popaïne ? La mafia locale, l'armée, la mafia Thailandaise, les Khmers rouges laotien. Un mélange de tous, tant il est vrai qu'au coeur du triangle d'or, chaqu'un tire les ficelles dans son coin presque à l'isocèle.
C'est le matin, et tel un coucou suisse, notre blondinet de lorrain sort la tête de la fenêtre, dans l'inconcience la plus totale. Ce ne sera pas pour cette fois, mais vouloir servir de cible à de potentiels snipers américains ne me réjouit guère. Et ce ne sont pas les seuls qui nous en veulent. La mafia coréenne serais prête à ceder la moitié de son monopole sur les pachinkos pour à peine quelques hectare de ce que nous avons entre-aperçus.
La cargaison est enfin arrivé et stationne près de notre campement. Une inspection rapide montre que seulement 98% de la commande est présente. Nous avons été racketté, mais notre guide nous fait signe de ne point faire de scandale. Nous avons payé tribut nous aussi à la rebellion Khmer. Sûrement une nouvelle jaguar à un potentat local. Un trou du cul qui se balançera au bout d'une corde, foi de marseillais.
Par peur des représailles, les villageois se terrent dans leur bicoque de fortune, fais de paille et de gravats.
Nous goûtons le confort sommaire et spartiate de notre emplacement.
La chaleur me fais tourner la tête. Des gouttes d'eau perles sur mon front tannée par le soleil dont les rayons se réflètent sur les bras capricieux du Mékong. Frontière naturelle d'un même royaume, pérenissé à cet endroit, par l'empire colonial français. C'est aux abords de ce fleuve mythique que nous entreprîmes de nous restaurer de viandes et de poulardes, toutes plus épicées les unes que les autres. Même la plus savoureuse des viandes ici, conservent un goûts de feuille de popaïne, épice servant ici dans la composition du bouillon.
Des siècles après, la thailande se réfèrent aux étrangers dans son dialecte, comme des FARANS, équivalent ancien de FRANÇAIS, témoignage reculé d'un temps ou les seuls étrangers venait des quatres coins de la lointaine métropole.
La cuisine de notre hôte est fonctionnel et possède tout le confort moderne...tel qu'on pouvait le trouver fin 17890.
Sur le chemin du retour, ayant planté sauvagement un gamin des rues ayant eu le culot de me faire les poches, j'en profite pour me laver les paluches, et pour bien me souvenir de ce confort si particulier, prends les toilettes en photo au-dessous desquels se trouvent encore mon cran d'arrêt.
... A suivre.
Jeune Business Analyst de 29 ans, résidant à Nagoya et sa région depuis 6 ans, officie dans les énergies au sein d'une grande entreprise. Amateur de cigares et de Rhum Clément.
Uniquement pour les téléphones japonais.
Il s'agit de la version Keitai du blog.


Commentaires
Ajouter un commentaire
Les commentaires pour ce billet sont fermés.